Ce mercredi 18 juin, à 19 h, le peloton du PARIS-COLMAR 2008 a pris le départ avec la ferme intention de rallier COLMAR samedi. A l'exception des féminines, qui
n'étaient que 5 sur les 9 sélectionnées, tous les concurrents étaient présents.
Pour ma part, avec une équipe motivée derrière moi, je n'espérais qu'une chose : vérifier la réalité de l'adage "jamais deux sans trois" ! Parti prudemment sur des
bases, définies quelques jours avant, de 7,5 Km/H, je me sentais relativement confiant. La météo s'annonçait clémente et tout semblait réuni pour une bonne performance. Isabelle assurait le
premier relais à vélo jusqu'à Guermantes et la prise des camping-cars tandis que Béatrice et Françoise, motorisées, me retrouvaient régulièrement sur la route. C'est à ce moment-là que j'ai eu la
surprise de retrouver Roger, le photographe des éditions précédentes, qui nous suivra sur le parcours (avec ses appareils photos) pendant 24 H.
La première nuit arrivait peu après le passage au 1er PCS de Villeneuve-le-Comte. C'était ensuite La Ferté sous Jouarre où j'attendais en vain la visite
d'André. La douceur nocturne me permettait de maintenir mon rythme et les PCS se succédaient régulièrement même si je naviguais déjà dans les profondeurs du classement. La journée de jeudi
commençait dans la douceur et, après 24 H de marche, j'arrivais à Châlons-en-Champagne, KM 180.
Pourquoi, à compter de ce cap des 24 H, la machine s'est-elle enrayée, je ne le sais pas encore. Toujours est-il que la suite du parcours devenait difficile pour
des jambes qui avaient de plus en plus de mal à avancer. Mes équipiers se relayaient à mes côtés mais leur aide ne suffisait pas à relancer la mécanique. La pluie, qui faisait une apparition
soutenue, n'arrangeait rien. Dans ces cas-là, c'est la tête qui doit prendre le relais, mais je sentais bien qu'il me serait très difficile d'atteindre COLMAR. Les concurrents qui me suivaient,
me dépassaient sans que je puisse leur emboîter le pas, ce qui était pourtant la seule chance pour moi d'arriver à Mirecourt dans les temps. La neutralisation après Vitry-le-François ne résolvait
pas mes problèmes. J'arrivais tant bien que mal à St-Dizier (où je m'écroulais sur l'épaule de Jean CECILLON) pour un arrêt obligatoire de 2 H que j'espérais salvateur. Il n'en fut rien et le
départ vers Bar-le-Duc, sur une route envahie par les camions, fut bien difficile.
J'étais encore en avance sur les délais au PCS de Ligny-en-Barrois mais il était maintenant évident que, si je ne parvenais pas à accélérer, j'aurais très peu de
chances d'atteindre Neufchâteau, sachant que, derrière, se profilait la terrible côte qui sonnerait la fin de l'aventure.
Je prenais donc, avec mes équipiers, la douloureuse décision de ralentir de façon à passer à Demange aux Eaux juste après la fermeture du contrôle. L'aventure se
terminait donc après 48 H et 319 Kms de marche, ce qui me classe à la 15ème place au général. Je ne verrai donc pas COLMAR cette année.
Après avoir retrouvé tous mes équipiers, nous avons décidé d'aller dormir à Corcieux où nous pourrions assister au départ du dernier tronçon le samedi à 10 H. Cette
journée fut en tout point éprouvante pour moi car les marques de sympathie et les questions sur mon arrêt se multipliaient.
Le passage des marcheurs au sommet du Col du Bonhomme reste tout de même un grand spectacle ainsi que leur arrivée à Colmar. Mais que c'est difficile à vivre en
spectateur ! La remise des récompenses le dimanche a été pour moi le dernier temps fort et pénible à la fois de cette édition 2008.
J'avais, comme d'habitude, des équipiers hyper motivés derrière moi mais, cette fois, cela n'a pas suffi. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas trop de cette
contre-performance.
Je voudrais encore demander pardon à Isabelle qui a eu à subir mes commentaires défaitistes en fin de parcours et qui a eu bien du mal à les digérer !
Merci à toute mon équipe : Isabelle, Martine et Alain, Bernadette, Dominique, Armand, Guy, Jean-Pierre et Pierre, ainsi qu'aux deux nouveaux, Solange et Jacky. Je
crois qu'ils ont malgré tout été contents de vivre cette aventure même s'ils auraient mérité d'aller jusqu'à Colmar. Merci à Françoise et Guy qui cette année encore m'attendaient dans le Col du
Bonhomme, espérant me voir franchir ce Col et qui m'ont vu arriver en camping-car ainsi qu'à Colette et Fernand qui m'ont fait la surprise d'être là eux-aussi.
Je n'ai pas encore tout à fait digéré ce final mais je vais essayer d'analyser ma préparation et le déroulement de l'épreuve dans les jours à venir pour essayer de
trouver les raisons de ce que je considère tout de même comme un échec.
Je veux surtout remercier tous ceux qui m'ont fait confiance et qui ont contribué à la réalisation de mon budget. J'aurais tant voulu leur adresser une photo de mon
arrivée à Colmar. Tout le monde essaye de me consoler en me disant que j'y parviendrai l'année prochaine mais il n'est pas certain que je tente une nouvelle fois l'aventure. L'avenir nous le dira
après mûre réflexion.
Un grand merci à Jean-Christophe pour avoir cette année encore alimenté le blog "en direct" des photos et commentaires adressés par l'équipe.
Un dernier merci à tous ceux qui m'ont envoyé leurs messages d'encouragement sur mon blog ou par téléphone et à bientôt pour de nouvelles épreuves et, sans doute,
une dernière réflexion sur ce PARIS-COLMAR 2008.